High Maintenance in Toulouse

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16 January 2015

HMiT Exclusive Podcasts Series - # 17 - Bien ou Bien



Nous sommes très heureux de vous présenter ce 17è podcast exclusif car c'est à mon sens un des meilleurs de la série, mixé de mains de maître par la paire Bien ou Bien du label Boussole Records. Les mixes y sont très rapides, tenant souvent du collage, du cut up, le duo parvenant à intégrer 21 tracks à un set d'une durée d'à peine plus de 35 minutes. D'ordinaire, nous sommes plus enclins à nous laisser porter par des mixes plus longs, à l'ancienne, mais ici, le travail des deux Toulousains tient presque du montage et donne à entendre ce qui pourrait s'apparenter à un long morceau d'une demi-heure, avec ses montées et ses apaisements, ses moments d'euphorie et de dépression. Je dois reconnaître avoir été saisi du début à la fin et j'espère que vous partagerez ce saisissement...

Nous vous laissons avec le podcast mais non sans oublier de vous rappeler que toute l'équipe de Boussole Records fêtera son deuxième anniversaire le vendredi 23 janvier à la Dynamo, avec un invité, Gisèle, de l'excellent crew parisien Le Mellotron.

Bonne écoute... et bonne célébration !


We are very happy to introduce you this 17th exclusive podcast since it is one of the best of the series, skilfully mixed by Bien ou Bien pair, from Boussole Records label. The mixes are done very quickly so that the whole thing is a sort of collage, the duo showing himself being able to integrate 21 tracks in a set of only 35 minutes. Usually, we are not very inclined to this peculiar style of mixing, but here, the work of the two guys from Toulouse is almost a montage and sounds like a long track of half an hour, with its moments of euphory and the ones of depression... I must admit that I stayed astonished all the mix long and from the very first second! I hope you will share the same feeling.

We let you enjoying the podcast now, but I must remind you before that the whole Boussole Records team will celebrate his second birthday on Friday, January, 23rd at La Dynamo, with a guest, Gisèle, from the excellent Parisian crew Le Mellotron.

Enjoy!


Tracklist:

Pender Street Steppers - Bubble World
Bok Bok & Tom Trago - Get me What You Want
Ill Blu - Bellion
Boddika - Steam
Palace - Touch Me
Bambounou - Onto This
Lone - Restless City (Head High Remix)
Merck - My Heart
Dj Haus - Lets Get 2gether
Schmutz - Lima
George Fitzgerald - Nighttide Lover
Doc Daneeka - Paname (Piano Vers)
Benjamin Damage - 010x (Scntst Remix)
Bok Bok & Tom Trago - Pussy Trak
Trap Door - Chaka
Tessela - Hackney Parrot (Special Request VIP)
Coni - Feel Like Home
Surkin - Lakeside (French Fries Remix)
Radio Slave - Don't Stop No Sleep
Dj Dozia - Pop Culture
2562 - Winamp Melodrama



01 May 2012

L'avenir du futur

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 Peut-on encore aujourd'hui envisager le futur à l'aune de l' idée que l'on s'en faisait au début des années 1990 ? C'est la question que suggère l'écoute du dernier album de Lone tant celui-ci semble affligé du syndrome rétromania, section musique électronique à destination du jeune public. Bien sûr Galaxy Garden est loin d'être le seul à recycler l'utopie rave originelle tant on constate avec Simon Reynolds l'omniprésence de titres récents se réappropriant,voire pillant, le glorieux héritage boom-boom nineties. Si on peut gloser à l'infini sur l'aspect conservateur de la démarche, qui en dit long sur l'impasse créative mais surtout sociopolitique de l'époque, ce qui intrigue chez  Lone, outre sa propension à virer dangereusement  muzak, c'est sa façon de confronter deux traditions musicalement antinomiques de la techno originelle.

Galaxy Garden réactive d'abord la tendance (afro)futuriste présente chez Underground Resistance, la substance politique en moins, ou Jacob's Optical Strairway, soit les junglists 4 Hero signés à  l'époque sur le label actuel de Lone à savoir R&S.En avant donc pour un programme tout cheminadesque de conquête spatiale, de mondes parallèles à explorer et d'expériences cosmiques envisagés comme la promesse d'un avenir radieux , ce que suggère le déploiement de nappes oscillant entre luxuriance et apaisement, virtualisant un Eden à portée de fusée. En cela Lone recycle l'image d'une utopie révolue (la certitude d'un ailleurs plus clément), passée la nouvelle frontière symbolique qu'a pu constituer l'an 2000.

L'affaire serait pliée sous la forme d'un revivalisme unidimensionnel si Lone n'y apportait pas une contradiction musicale majeure qui plonge l'auditeur de Galaxy Garden dans une confusion temporelle déstabilisante, car son futur antérieur est conjugué au présent d'un passé que l'on peut dater des années 1991-1992. Explications: à coups de breakbeats cinglants, de stabs énormes, de micro-samples vocaux vindicatifs, Lone convoque également l'esprit "ici et maintenant" jadis développé par le son hardcore britannique, lequel se fichait bien de se projeter au-delà de 7h du matin puisque c'était dans l'instant de l'expérience rave que se construisait la promesse d'un monde meilleur. Le changement c'était maintenant comme vient nous le rappeler le sentiment d'urgence émanant de Crystal Caverns 1991 ou Raindance, qui comptent parmi les morceaux les plus réussis de l'album.

Galaxy Garden pervertit ainsi le pur exercice rétro-rave en accumulant les paradoxes temporels générés par deux formes de nostalgie , celle d'une période où le présent se suffisait à lui-même et celle d'une époque où le futur avait encore un avenir, qui néanmoins se confondent dans le souvenir de la dimension "escapiste"  d'un temps plus utopiste que le nôtre, le temps de l'innocence, le temps de nos 20 ans.

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23 June 2011

La bande son de la semaine

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1) Lucid - Based (Cosmic Revenge Remix) (Pelican Fly)

Probablement le titre le plus "anthémique" du Thy Lucid EP sorti sur le label Pelican Fly mais également le plus étrange. S'en dégage une forme d'euphorie fatiguée, le genre de sentiment qui rappelle une sortie de rave à 5h du mat (ou 6h , ou 7h , ou plus selon ta forme), entre réminiscences de la peak hour et manque flagrant de sommeil.

Lucid - Based (Cosmic Revenge Remix) by COSMIC REVENGE

2) Jamie xx - Far Nearer (Numbers)

A la suite des excellents EPs signés Deadboy et Redhino, Numbers lâche enfin le Far Nearer de Jamie xx. Visiblement le morceau divise les institutions critiques : Resident Advisor a totalement flingué le morceau, n'y voyant qu'un ersatz de bass music alignant de façon ennuyeuse tous les clichés du genre, quand FactMag en fait le titre post-dubstep définitif. On a choisi notre camp.

Jamie xx - Far Nearer (limited vinyl & download out now - http://farnearer.com) by Numbers

3) DFRNT - True (Jack Dixon Remix) (Nu Directions)

Ok, on peut trouver le morceau un peu light, mais il est assez symptomatique de la direction prise par une frange du future garage qui, de Georges Fitzgerald à Sepalcure, semble redécouvrir l'ambiant jungle telle que produite par un label comme Good Looking dans la deuxième moitié des années 90. A la limite de l'insipide mais on aime bien les trucs borderline.

DFRNT - True (Jack Dixon Remix) (Nu-Directions - Out July 18th) by jackdixon

4) Kastle - I Know (Seclusive)

Bizarrement, on ne se lasse pas de ce I Know qui recrache en méthode Assimil les fondamentaux UK garage. Bien construit, le track aura toutefois le don d'irriter les allergiques au fromage musical.En cadeau, le morceau est en téléchargement libre.

Kastle - I Know by factmag

5) Falty DL - Make It Difficult For You (All City)

Contrairement à ce que nous annonce son prochain titre, Falty DL nous facilite la tâche : son morceau est un tube de l'été potentiel qui ravira tous les fans de house oldschool et puis voilà.

MAKE IT DIFFICULT FOR YOU Out Soon... by FaltyDL

6) Vibezin - Mad Sick (Keysound)

Mad Sick ressuscite l'esprit dark garage des productions d'EL-B ou d'Oris Jay. Une invitation très convaincante à la redécouverte de ces admirables pionniers.



7) Bok Bok - Look Dub (Night Slugs)

Night Slugs est le label qui a glamourisé le grime pour le rendre présentable aux kids post-fluo. On l'en remercie et on attend avec impatience la sortie du prochain EP de Jam City dont on peut écouter un extrait ci-dessous.

BOK BOK - Look (NS010 preview) by BokBok

NS011 - Jam City - Waterworx EP - Island by NightSlugs

8) Jay 5ive & Kromestar - Wishful Thinking (Bass 'n' Love)

Membres du crew dubstep, désormais vétéran, Anti Social, Jay 5ive & Kromestar abandonnent leur approche générique du genre pour développer depuis quelque temps un son à la fois plus mélodique et vertébré. C'est sorti sur Bass'n'Love , tout est dit.



9) Lone - Rapid Racer (R&S)

Depuis l'année dernière , Lone promeut un retour aux fondamentaux house à travers des morceaux qui passeraient à l'aise pour autant d'inédits d'Underground Resistance , période jazz futuriste. Si le son frôle parfois la muzak, il n'en demeure pas moins souvent rafraîchissant grâce à ses fréquentes citations rave UK early 90's . Avant son passage aux Siestes Electroniques de Toulouse samedi, on peut se procurer le nouvel EP de Lone tout frais démoulé sur R&S dont est extrait ce Rapid Racer.

Lone - Rapid Racer by SASHIRADIOBLOG

10) Breach Vs T Williams - 2 Bob Note (Ramp/PTN)

Après avoir intelligemment remixé la légende drum'n'bass Photek, Breach revient en duo avec T Williams pour ce 2 Bob Note sans concession. De la pure bass music bien vicieuse accompagnée par une relecture de l'anthem Fatherless , au cas où il nous resterait encore des tympans en état de fonctionner.

PTN009 / Breach vs T Williams by RAMP Recordings / PTN

Bonus : Lebronx - Dawea

Encore inconnu de nos services , Robyn De Wolf Aka Lebronx nous a envoyé cette prometteuse tranche de future garage atmosphérique. Il a bien fait.

Dawea (Original Mix) -UNMASTERED by Lebronxdjs

20 June 2011

Putain, dix ans !



2001 - 2011 : 10 ans que Les Siestes Electroniques bercent Toulouse sur des rythmes électroniques au début de l'été... Aventureuse et racée sont les deux adjectifs qui définissent sans doute le mieux la programmation d'un festival qui mise sur la convivialité et le partage. Cette année encore est riche en découvertes, à commencer par l'excitante ouverture, ce jeudi : Dj Tron (Radioclit) viendra présenter le fruit de ses recherches sonores à travers les ghettos du monde entier et nous aurons droit à la première française de la sud-africaine Shangaan Electro. Le lendemain, le Dirty Sound System nous régalera de ses perles musicales en fin d'après-midi. Le soir, "une fête folle et déraisonnable" avec une programmation confiée au Robert Johnson, mythique club de Frankfort. Le samedi, on fait la sieste avec pour fond sonore la musique de Lone, soit un condensé de ce qui se fait de mieux outre-Manche. Enfin, c'est avec regret que, le dimanche, cette édition commencera déjà à n'être plus qu'un souvenir, les élucubrations de James Pants laissant place - avant extinction totale du son - à la "sono mondiale" de Jess & Crabe.

Pour fêter dignement ce dixième anniversaire, nous nous devions de poser quelques questions à celui qui est sans doute le mieux placé pour nous parler du festival, à savoir Samuel Aubert, membre fondateur et programmateur. L'occasion également pour nous de revenir sur des thèmes évoqués lors de notre précédent entretien. Bilan et perspectives...


HMiT : Alors Samuel, ça y est, le festival fête ses dix ans ! Tout d'abord, bon anniversaire et bravo ! Quels souvenirs gardes-tu de cette décennie ?
Samuel Aubert : Merci, mais plutôt que de répondre moi, si tu le veux bien, je laisserais les artistes en parler. Sur notre site, à la fin de la page de présentation de cette édition 2011, ils nous disent ce qu'ils ont apprécié du festival et je trouve ça tellement mieux !

HMiT : Le public est-il toujours plus nombreux ?
Samuel : Un peu oui, on a nos fidèles et chaque année de nouveaux spectateurs découvrent notre festival, mais le but n'est pas forcément de grossir pour grossir ! On aurait même tendance à être plutôt décroissant en la matière... En tout cas, il est clair que la recherche du nombre ne doit pas empêcher la qualité d'écoute ou encore la capacité à faire l'ensemble du festival (on n'organisera jamais deux concerts en même temps par exemple).
Ce qui me semble important, plus que le nombre, c'est la confiance que semble nous accorder le public... La programmation de cette année est très "découverte" par exemple et ce y compris pour la soirée club et pourtant cette soirée sera vraisemblablement sold-out d'ici quelques heures... Cette confiance nous honore !

HMiT : A présent, si tu veux bien, intéressons-nous à cette édition 2011. Peux-tu nous présenter la programmation de cette année ? Cherche-t-elle à être le reflet des tendances actuelles ?
Samuel : Oui et non. Elle est forcément le reflet de notre époque, mais, éminemment subjective, elle cherche aussi a gagner en liberté. Le fait de ne pas dépendre de la billetterie nous permet plus de liberté artistique, il serait bien dommage de ne pas dès lors en profiter, non ? ;)
Bon, cela étant dit, que puis-je t'en dire, plus concrètement ? Je suis content de pouvoir ouvrir plus nos horizons musicaux avec notamment cette année les inventeurs de ce nouveau courant venus d'Afrique du Sud, le Shangaan Electro, c'est tellement bluffant. On aura également le droit à deux sélections extrêmement savantes par Etienne Tron de Radioclit et Clovis Goux de Dirty Sound System et ça, ça m'excite pas mal ! Je suis curieux de voir Villa Nah. Je sais que Connan Mockasin risque d'en surprendre plus d'un. Etc.

HMiT : Cette année, il y a encore plus de gratuité que lors des éditions précédentes. Seule la soirée club du vendredi reste payante. Or le thème de la gratuité de la culture est d'une actualité brûlante, notamment dans la musique, avec l'avènement du mp3. Peux-tu nous expliquer vos choix en ce domaine ? La culture doit-elle rester payante ?
Samuel : Que les choses soient claires, le fait que Les Siestes Electroniques soient gratuites n'a rien à voir avec le débat sur le téléchargement, le streaming ou autre. Par ailleurs, si notre gratuité implique un modèle économique différent, il est vrai, cela n'a, non plus, rien à voir avec l'avènement d'un écosystème de la gratuité comme il se développe notamment sur le net (nous ne fonctionnons pas avec de la pub, nous ne développons pas d'offre freemium...).
La gratuité dans notre cas est un acte politique, car cela n'est possible que grâce à des subventions publiques... Je ne suis pas sûr que ça soit aussi assumé à la Ville, au Département ou à la Région, c'est paradoxal (et dommage), mais c'est un fait dont nous sommes heureux et fiers. Je ne sais pas si ça va durer très longtemps (après tout ça ne tient qu'à nous, c'est nos impôts), mais on aura au moins vécu 10 ans sur une économie du don plus que de la gratuité et on aura mis en avant l'idée que la musique est un bien commun et ça sera déjà pas mal, je trouve !

HMiT : Il y a deux ans, nous parlions de la culture électronique à Toulouse et des rapports des associations culturelles avec les institutions. La situation a-t-elle changé ?
Samuel : Euh, pour être honnête, je ne me souviens plus de ce que je t'avais dit il y a deux ans, donc je ne sais pas ;) Ce qui est sûr, c'est qu'il se passe de plus en plus de choses à Toulouse, le tissu local est dynamique ! Pour ce qui est des relations entre ces nouveaux porteurs de projet et les institutions, je ne suis pas convaincus d'être le mieux placé pour en parler, il faudrait leur demander à eux directement...

HMiT : Pour conclure l'entretien, peux-tu nous dire en quelques mots pour quelle raison il faut absolument participer à l'événement cette année ?
Samuel : Absolument non, ce qui fait la beauté des Siestes Electroniques selon moi c'est que nous offrons un cadre où tout un chacun peut venir pour se faire sa propre opinion. Tu viens, c'est gratuit, à la cool... Je ne te dis pas que ces artistes sont les meilleurs du monde ou ceux qu'il faut absolument voir maintenant tout de suite, je te dis que j'aime profondément ces artistes, qu'ils m'intéressent, je te donne l'opportunité de les voir, dans de bonnes conditions me semble-t-il et te demande ensuite ton avis... Tu vois la différence ?

HMiT : Oui, parfaitement, Samuel. Merci ! Nous souhaitons aux Siestes d’être cette année encore le beau festival que nous aimons.

Retrouvez l'ensemble de la programmation ici.


Bonus !


Comme nous l'évoquions plus haut, la clôture du festival constitue cette année pour nous un de ces moments forts, puisque nous aurons le plaisir d'écouter Jess & Crabbe - duo de dj qui nous est cher - jouer les dernières notes de cette édition 2011. Pour anticiper ce moment, je vous laisse découvrir en avant-première un morceau présent sur Bazzerk, double compilation de kuduro à sortir le 11 juillet sur Mental Groove, dont la sélection a été réalisée par les deux djs parisiens.