Toulouse, 4h23. Un parking loué pour l'occasion au bord du Canal, pas loin de feu L'Elektro : un after à l'ancienne après un début de soirée déjà très réussi à La Dynamo se concluant sur un live assez expérimental de Black Sheep (Métaphore). Un set barré de Precept et XVII (LPC) faisant alterner trap, dubstep et autres joyeusetés bass, qui fait suite à un mix techno très indus de Deam (Métaphore). On se croirait revenu 15 ans en arrière. Merci Toulouse et bravo aux jeunes collectifs qui la font vibrer à nouveau ! Hier, c'était La Petite Compagnie ; samedi prochain, ce sera Folklore. Renaissance...
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22 September 2013
Toulouse, 4h23
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07 April 2009
Où étais-tu en 1992 ?

Where were you in ’92 ? : l’interrogation semble agiter la génération fluokid depuis que Mia en a fait un slogan fédérateur sur son album Kala. Pourtant d’AC Slater à Zomby, la véritable réponse se situe probablement entre la petite et grande section de maternelle. Mais bien sûr, seule l’importance symbolique de la question est à prendre en compte comme en témoignent les dernières productions de l’électro mondiale, qui, quasiment toutes, paient leur tribut à 1992. Dernier exemple en date, les productions et remixes de Rico Tubbs recrachent tous les gimmicks de cette époque bénie, bien que largement mythifiée.
Derrière la date magique, opérant comme un véritable sésame aujourd’hui, se cache en réalité le phénomène socioculturel le plus stupéfiant de l’histoire de la techno, bien que limité au Royaume-Uni. En effet, la période marque la massification du phénomène rave associée à la constitution d’une identité sonore ahurissante et à des codes subculturels spécifiques. Là où jusqu’ici le mouvement restait parcellisé en sous genres (Chicago house, techno de Detroit, garage...), le son british de 1992 réussit à agglomérer une constellation d’influences antagonistes dont le projet ultime est de simplement fournir la bande-son escapist à toute une génération d’Anglais prolétarisés par les années Thatcher mais désormais en pleine montée d’ecsta.
Et l’impensable se produit : des milliers de fans de hip hop, des rastas, des lads, des hordes d’indie rockers se retrouvent unis au fin fond de l’Essex autour d’une potion magique on ne peut plus fédératrice : samples vocaux piqués à des tubes pop cheesy overpitchés (principe repris par la Bmore ou le baile funk), infrabasses sans cesse triturées, séquence mentasm à tous les étages, piano italiens épileptiques, influences ragga, et surtout, c’est la grosse différence avec le son techno qui se développe alors sur le continent européen, utilisation de breakbeats hip hop constamment accélérés à mesure que la frénésie rave s’épanouit (archives à visionner ici).
Le truc est tellement énorme que les charts sont régulièrement pris d’assaut par des tracks sortis de nulle part, produits par des kids aux pseudos improbables (Altern 8, SL2, Awesome 3, Sonz of Da Loop Da Loop Era). Merci papa, merci maman pour l’Amiga offert à Noël... La mixture ainsi synthétisée prend le doux nom de hardcore ou breakbeat hardcore tant les tenants du bon goût de l’époque en sont horrifiés. Ces derniers opèrent d’ailleurs un repli stratégique et réactionnaire vers la transe ou la house progressive (la minimale de l’époque !), créant ainsi les premières communautés de puristes de l’histoire de la house, réfugiées dans des clubs élitistes. Les autres, c’est-à-dire tout ado boutonneux normalement constitué, œuvrent à l’édification de l’utopie rave, c’est-à-dire la création d’une Zone d’Autonomie Temporaire qui transcende statuts social, sexuel et ethnique où tout n’est plus qu’amour et fraternité.
Si la parenthèse fédératrice se refermera dès 1993, on comprend aisément la nostalgie qu’elle peut susciter chez ceux qui ne l’ont pas connu : 1992, c’est un peu le mai 68 techno des moins de 30 ans. Il est ainsi plus facile d’appréhender le projet musical global de gens à priori aussi différents qu’Hervé, Diplo ou Kazey & Bulldog, leur éclectisme apparent renvoyant tout simplement à l’âge d’or de la rave music pas encore fragmentée en micro tendances qui constituent autant de chapelles et de cul-de-sac, à la volonté de recréation d’une communauté multiculturelle unie, à un retour à l’innocence originelle de la fête avant que celle-ci ne soit récupérée par les marchands du temple sous le nom de clubbing.
Derrière la date magique, opérant comme un véritable sésame aujourd’hui, se cache en réalité le phénomène socioculturel le plus stupéfiant de l’histoire de la techno, bien que limité au Royaume-Uni. En effet, la période marque la massification du phénomène rave associée à la constitution d’une identité sonore ahurissante et à des codes subculturels spécifiques. Là où jusqu’ici le mouvement restait parcellisé en sous genres (Chicago house, techno de Detroit, garage...), le son british de 1992 réussit à agglomérer une constellation d’influences antagonistes dont le projet ultime est de simplement fournir la bande-son escapist à toute une génération d’Anglais prolétarisés par les années Thatcher mais désormais en pleine montée d’ecsta.
Et l’impensable se produit : des milliers de fans de hip hop, des rastas, des lads, des hordes d’indie rockers se retrouvent unis au fin fond de l’Essex autour d’une potion magique on ne peut plus fédératrice : samples vocaux piqués à des tubes pop cheesy overpitchés (principe repris par la Bmore ou le baile funk), infrabasses sans cesse triturées, séquence mentasm à tous les étages, piano italiens épileptiques, influences ragga, et surtout, c’est la grosse différence avec le son techno qui se développe alors sur le continent européen, utilisation de breakbeats hip hop constamment accélérés à mesure que la frénésie rave s’épanouit (archives à visionner ici).
Le truc est tellement énorme que les charts sont régulièrement pris d’assaut par des tracks sortis de nulle part, produits par des kids aux pseudos improbables (Altern 8, SL2, Awesome 3, Sonz of Da Loop Da Loop Era). Merci papa, merci maman pour l’Amiga offert à Noël... La mixture ainsi synthétisée prend le doux nom de hardcore ou breakbeat hardcore tant les tenants du bon goût de l’époque en sont horrifiés. Ces derniers opèrent d’ailleurs un repli stratégique et réactionnaire vers la transe ou la house progressive (la minimale de l’époque !), créant ainsi les premières communautés de puristes de l’histoire de la house, réfugiées dans des clubs élitistes. Les autres, c’est-à-dire tout ado boutonneux normalement constitué, œuvrent à l’édification de l’utopie rave, c’est-à-dire la création d’une Zone d’Autonomie Temporaire qui transcende statuts social, sexuel et ethnique où tout n’est plus qu’amour et fraternité.
Si la parenthèse fédératrice se refermera dès 1993, on comprend aisément la nostalgie qu’elle peut susciter chez ceux qui ne l’ont pas connu : 1992, c’est un peu le mai 68 techno des moins de 30 ans. Il est ainsi plus facile d’appréhender le projet musical global de gens à priori aussi différents qu’Hervé, Diplo ou Kazey & Bulldog, leur éclectisme apparent renvoyant tout simplement à l’âge d’or de la rave music pas encore fragmentée en micro tendances qui constituent autant de chapelles et de cul-de-sac, à la volonté de recréation d’une communauté multiculturelle unie, à un retour à l’innocence originelle de la fête avant que celle-ci ne soit récupérée par les marchands du temple sous le nom de clubbing.
Bonus : top ten subjectif breakbeat hardcore 1992
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